un petit enfant n'a pas de repères pour se situer dans une collectivité.

il est très difficile de se documenter sur l'approche Piklérienne, des documents existent en nombre mais ils sont payants et même très chers.

j'ai trouvé quelques articles et si personne ne me tranche la gorge parce que je copie des textes que je n'ai pas inventés ici, je suis heureuse d'en faire profiter toutes mes collègues qui cherchent à se former gratuitement et se spécialiser dans leur qualité d'accueil.vous trouverez sur mon blog dans la section Pikler tout ce qui s'y rapporte et que je trouve au fil de mes recherches. Pascale.



À un âge où il n'a pas encore construit le sentiment de sa propre individualité, un petit enfant n'a pas de repères pour se situer dans une collectivité. 

Le milieu complexe et mouvant de la crèche représente pour lui un cadre de vie difficile, et si l'adulte n'a pas conscience de cette difficulté et ne met pas tout en œuvre pour créer des conditions favorables à cet enfant très démuni sur le plan social, il lui fait courir des risques importants. 

Certes, il va recréer des attachements à la crèche. Mais sa capacité à le faire est encore très limitée. Les professionnelles doivent être conscientes de cette difficulté et proposer un accueil qui permette à ces attachements de se nouer de manière significative. On l'aura compris, le placement en crèche d'un enfant de moins de trois ans, même s'il est de plus en plus courant, est loin d'être banal. 

La crèche n'est pas en soi un milieu favorable pour les enfants de cet âge. Les pétitions de principes, les actes de foi dans la valeur des lieux d'accueil collectifs ne suffisent pas. Il faut un effort particulier, intense et de tous les instants, pour offrir à ces très jeunes enfants un accueil qui ne nuise pas à leur développement. 

Qu'on me comprenne bien : il ne s'agit pas de jeter l'anathème sur les institutions de la petite enfance, ni de renvoyer les mères à la maison au prétexte qu'elles seraient seules capables de donner à leur enfant ce qui lui est nécessaire. Ce n'est pas sur ce terrain que je souhaite situer la discussion. 

L'évolution sociale rend le placement en accueil collectif nécessaire pour de très jeunes enfants ? Très bien. En tant que professionnelles de la petite enfance, nous n'avons pas à juger cet état de fait, mais à le reconnaître. 

Mais nous avons à penser l'accueil de telle manière que les enfants n'en pâtissent pas. Bien sûr, nous connaissons toutes des bébés épanouis dans leur lieu d'accueil. Mais c'est à partir des plus fragiles, des plus sensibles et des plus compliqués que nous devons construire la qualité de la prise en charge. 

Pour que TOUS les enfants retirent un bénéfice de leur fréquentation d'une institution pour la petite enfance.

L'image que le terrain me renvoie - lorsque je participe à des formations, à des séminaires ou lorsque j'interviens dans des équipes - est celle d'une bonne volonté évidente et d'un grand souci de bien faire vis-à-vis des tout petits, mais celle aussi d'une relative pauvreté des moyens pédagogiques. Les modèles, explicites ou implicites, sont la famille, la technique des soins et l'accueil d'enfants plus grands, à qui l'on propose des activités et qu'on approche souvent de manière collective. 

L'approche Pikler que j'ai rencontrée il y a trente ans, alors que j'enseignais dans une école qui formait des éducatrices de la petite enfance, constitue pour moi une réponse à la double préoccupation liée à la nécessité d'offrir des possibilités d'attachement significatif aux très jeunes enfants placés en collectivité et à leur immaturité sociale.

Un, deux, trois pas vers la prise en charge des très jeunes enfants Olten, le 10 novembre 2006

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