que fait l'adulte quand l'enfant joue ?





Quel est le rôle de l’adulte auprès de l’enfant qui joue ??

Anna TARDOS
 
1. Etre présent à l’enfant 
Il est très important pour les enfants de sentir que :
  • L’adulte est « présent » avec eux quand ils jouent.
  • L’adulte les soutient par la parole : « J’ai vu que tu as réussi à attraper la balle… ».
  • L’adulte leur apporte la sécurité dont ils ont besoin en aménageant l’espace pour éviter qu’ils se blessent et en les aidant à résoudre les conflits.

2. Aider l’enfant à respecter les règles

 Le petit enfant doit apprendre très vite à connaître et respecter les règles de comportement relatives à la vie de groupe :
  • Pour assurer sa sécurité, (exemple : s’il est interdit de monter sur certains meubles).
  • Pour respecter l’autre (exemple : il n’est pas permis de frapper un autre enfant).
  • Pour faire respecter ce qu’il veut ou non. Il a le droit de dire non ou de garder un jouet qu’un autre enfant lui demande si ce n’est pas son choix.
3.Prévenir les conflits
« Là où plusieurs enfants jouent ensemble, les heurts sont inévitables.
Leurs causes peuvent être diverses. Le petit enfant qui désire quelque chose, aimerait l’avoir ou le réaliser tout de suite et renonce encore difficilement
à ses désirs. Il accepte difficilement de renoncer au jouet qui suscite son envie,
de devoir contourner un espace où d’autres jouent. C’est la raison pour laquelle, fréquemment, les enfants jouent, se prennent l’un à l’autre leur jouet,
dérangent l’espace de jeu de l’autre ».
Pour prévenir les conflits, plusieurs attitudes sont aidantes =
  • Instaurer des règles (voir plus haut).
  • Aider l’enfant à intégrer ces règles.
  • Réfléchir à donner assez d’espace à chacun (voir : « bonnes conditions d’un jeu »).
  • Disposer des mêmes jouets en plusieurs exemplaires.
  • Selon l’âge de l’enfant, il peut quelques fois être difficile d’intégrer une règle, par exemple : ne pas aller déranger le puzzle de l’autre.
Dans ce cas, une barrière physique peut aider l’enfant jusqu’à ce qu’il soit capable d’intégrer la règle) :
 
- Proposer par exemple de mettre le bébé dans le parc tant qu’il ne se déplace pas beaucoup ; plus tard mettre le bébé à l’extérieur du parc pour qu’il puisse se déplacer et proposer aux grands de faire des activités de construction ou puzzles dans le parc pour ne pas être dérangés.


- Aménager l’espace avec soin et goût. En effet, les enfants n’ont pas de plaisir à se mettre à jouer avec des jouets en désordre. 


4.Faciliter la gestion des conflits
L’attitude la plus aidante pour les enfants est de leur permettre de résoudre le conflit par eux-mêmes.
Il n’est pas bon d’intervenir trop souvent ou trop vite car, alors, cela crée chez les enfants l’habitude de toujours attendre cette aide de l’adulte et les empêche de se défendre eux-mêmes.
Lors d’un conflit entre deux enfants, avant d’intervenir, essayons d’abord l’observation puis la proposition orale.


Ainsi, on peut dire à l’enfant qui grimpe sur son camarade : « Tu as vu que tu grimpes sur Paul, tu sais que ce n’est pas permis, je te demande d’arrêter… ».
Mais, on s’adresse aussi à celui qui « subit » : « Tu sens que ton camarade te dérange, tu peux bouger et t’en aller… ».

Ainsi, on redonne la capacité à chacun d’agir dans le respect de l’autre et de lui-même.


L’intervention physique pour les séparer n’intervient qu’en dernier recours.


Il est essentiel cependant de toujours signifier aux enfants que l’adulte est attentif à tout ce qui se passe et qu’il est là pour les protéger, car si l’adulte « abandonne » les enfants à eux-mêmes, ils s’habitueront à un comportement brutal les uns envers les autres.


5.Aider l’enfant dans son jeu : quand et comment intervenir ?
Avant de vouloir « aider » un enfant, il est important de se poser quelques questions =
  • Quel est le sens de ce jeu pour cet enfant ?
  • Est-ce que mon intervention est nécessaire ?
  • Que va-t-elle apporter à l’enfant ?
  • Est-ce que ma proposition va l’aider ou le freiner dans le développement de son imaginaire et de son autonomie ?
Après ce premier temps de réflexion sur l’intérêt « d’aider » l’enfant, on peut réfléchir à la meilleure attitude pour soutenir l’autonomie de l’enfant.

Se rappeler si l’enfant vit des périodes suffisantes pour lui, pendant lesquelles l’adulte lui apporte une attention privilégiée et individuelle : lors des soins ,des changes, du repas.
Si, lors de ce temps individuel, il expérimente qu’il peut influencer l’autre, par exemple : « je bouge de telle façon et l’adulte s’adapte à moi dans le change ».


Il développe alors de l’estime pour lui et un sentiment de force intérieure.
 

Si l’enfant s’est « rempli » de la présence de l’adulte lors des soins, à ce moment là, dans l’activité libre, l’enfant n’aura pas besoin de l’intervention directe de l’adulte, seulement de son attention.

Avant d’intervenir, il peut être intéressant de se poser ces questions :
  • A quel moment il est bon pour l’enfant que j’intervienne ?
  • Et pour quelle raison ?
On peut observer que si l’adulte intervient souvent, l’enfant enregistre parfois le message suivant :
« Dès que je suis en difficulté, je demande de l’aide à l’adulte (mon papa, ma maman, ma nounou) et c’est « lui » qui a la solution pour moi ». ;
 

alors que s’il peut expérimenter ses « propres solutions », il découvre de quoi il est capable et, parfois aussi, ses limites. 

Par exemple :
  • Lui présenter des jouets adaptés à son âge et avec lesquels nous avons observé qu’il a plaisir à jouer (il n’est pas nécessaire de varier trop souvent les jouets pour les nourrissons car il faut bien un à deux mois pour qu’un tout-petit découvre un jouet et fasse l’expérience de ce qu’il peut en faire). Car, c’est en expérimentant plusieurs façons de faire que l’enfant découvre et apprend.
  • Ne pas faire à la place de…, c’est par exemple, ne participer au jeu que si c’est la demande de l’enfant et en le laissant en être l’acteur principal.

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