faire pratiquer le JEU LIBRE demande un investissement important de celui qui le met en oeuvre.


Contrairement aux apparences, faire pratiquer le JEU LIBRE demande un investissement important de celui qui le met en oeuvre.

il faut avoir tapé dans les bons centres de ressources ce qui implique déjà une remise en question de nos pratiques professionnelles et en ce qui me concerne ce qui m'a le plus fait avancer c'est par mon RAM qui m'a permis de pousser plus loin dans l'orientation que je prenais.

il faudrait être capable d'intégrer que l'enfant de moins de 3 ans n'a pas de modèle à se faire imposer. involontairement ou pas il est déjà conditionné par ce qu'il observe autour de lui. il va à son rythme. son cerveau se développe au fur et à mesure de ses acquisitions motrices. c'est l'enfant qui doit faire seul ses découvertes, et pas l'adulte qui doit lui dire" tu vois si tu mets ça comme ça ça donne ça".

ce qui est intéressant, c'est que l'enfant nous dise "tu vois si je mets ça comme ça ça donne ça". saisissez-vous la nuance ?

par expérimentation personnelle, par son action sur les objets, en tirant poussant sentant, lançant, suçant etc l'enfant déclenche des sensations et il en fait des déductions. c'est son intelligence qui fonctionne, pas celle de l'adulte qui penserait à sa place.

il ne faut surtout pas chercher à placer les enfants dans le même moule que celui qui nous a fabriqués, les données sont différentes à la base, la société a changé, les adultes de demain sont en mutation et nous n'en connaissons encore rien. il faut ouvrir le champ des possibles, pour que ces bébés un jour inventent ce qui n'existe pas. il faut qu'ils explorent les objets sous un angle nouveau pour créer des applications nouvelles.

bon là j'ai bien expliqué je pense pourquoi le jeu doit rester libre, à aucun moment en fait l'adulte ne devrait intervenir dans le jeu de l'enfant. l'adulte doit se faire le plus discret possible.

par contre pour que ça fonctionne, il faut que l'adulte transmette beaucoup d'affect aux enfants, surtout avant et après le jeu libre, pour que les enfants en confiance ne soient pas sans cesse à quêter une approbation ou une réponse.

donner assez pour en fait laisser assez.

c'est à dire que l'adulte se place en retrait de manière calculée. il n'est pas question de fainéantise, mais plutôt de mise en avant de la créativité de l'enfant. il faut que l'enfant sente que l'adulte est bien juste à côté, qu'il sait tout ce que l'enfant fait, et alors l'enfant accepte de ne pas être forcément adulé. il n'en a pas besoin pendant son jeu car pendant les autres routines il a reçu des témoignages affectifs.

faire pratiquer le jeu libre c'est une des formes les plus respectueuses à mon avis de l'accueil du petit enfant. c'est respecter les goûts et les couleurs, permettre les exploitations en dehors du cadre habituel, essayer de provoquer de la réactivité en choisissant bien le matériel, encourager le mélange et le désordre.

l'adulte déblaie par moments, parfois en demandant de l'aide aux enfants mais gardant à l'esprit que les moins de 3 ans ne sont pas trop compétents.

j'ai observé que depuis que je fonctionne ainsi, en restant toujours disponible pour observer le comportement des enfants, je peux intervenir pour apaiser rapidement les tensions, même si j'essaie justement de ne pas intervenir pour laisser aux enfants une chance de trouver la solution par eux-même. il n'y a plus de cris ou de disputes violentes à la maison. je n'ai plus de raison de punir qui que ce soit. j'ai remarqué que les bébés sont plus enclins à comprendre ce que je leur explique, je suis même sidérée de m'apercevoir qu'ils sont bien plus capables que je le pensais.

il faut arrêter la production intensive juste pour se prouver que l'on a bien travaillé et rassurer les parents.

au contraire bien leur expliquer que foutre la paix aux bébés, c'est pour mieux respecter leur progression individuelle, qu'ils aient de bonnes bases de confiance en soi pour aborder les apprentissages du CP.

2 commentaires:

Chantal Le Dreau a dit…

C est cette psychomotricité libre que je pratique aussi avec les petits que j accueille et effectivement pas de pleurs ,ni de cris, ne disputés .....et ils évoluent a leur rythmes

Pascale Perrillat a dit…

magnifique, bientôt le jeu libre sera universel et c'est bon pour tous.