Les parents alcooliques


 
Les parents alcooliques


L’alcoolisme est un secret de famille, on dénie la réalité, on ment, on excuse, on dissimule. Cela entraîne le chaos émotionnel chez l’enfant, il ressent beaucoup de honte. Le secret devient un ciment qui unit pour maintenir la cohésion de la famille. On joue à la « famille normale », l’enfant n’arrive plus alors à développer un sentiment de confiance en lui, s’il doit constamment mentir sur ce qu’il pense en lui. Il se sent coupable, il a peur de révéler le secret et pour ne pas trahir la famille, il devient solitaire. Il développe une loyauté perverse envers les personnes qui partagent son secret. 


Les enfants de parent alcoolique deviennent extrêmement tolérants pour accepter l’inacceptable. 


Il arrive souvent qu’ils se marient eux aussi à des alcooliques ou à des personnes violentes. Pourquoi cette répétition du passé ? Ils ont l’espoir de pouvoir sauver leur conjoint.

La recherche des mêmes schémas émotionnels familiers est une pulsion commune à tout le monde, même si les sentiments qu’ils entretiennent sont douloureux ou destructeurs. Ce qui est familier procure une impression de réconfort et une structure pour notre vie. Nous connaissons les règles et nous savons à quoi nous attendre. Plus important, nous reconstituons les conflits du passé parce que cette fois, nous espérons leur trouver une bonne solution : « je vais gagner la bataille, cette fois, je vais y arriver. » Cette reconstitution de vieilles expériences douloureuse est appelée « répétition obsessionnelle ».
Dans ces familles d’alcooliques les enfants jouent un rôle qui leur est attribué: 


- L’enfant prend le rôle du parent, car l’alcoolique « l’enfant terrible » de la famille ne laisse de place à aucun autre enfant dans la famille. L’enfant est alors ignoré, il n’a pas le soutien émotionnel dont il aurait besoin. Il se sent invisible, responsable des sentiments des autres et ne veut causer de chagrin à quiconque. Il se sent coupable car incapable d’arranger la vie des parents.

- L’enfant copain : pour ne pas être battu, il boit avec le parent alcoolique. La boisson devient un lien, un secret. L’enfant ressent ça comme de la camaraderie, de l’amour, de l’acceptation. Dans leur avenir, ils deviennent eux mêmes souvent alcooliques en se conformant aux comportements de leurs parents, en les imitant et en s’identifiant à eux. 


- L’enfant méfiant, l’enfant culpabilisé : les enfants de parents alcooliques ont peur de l’intimité, ils ont appris que les gens qu’ils aiment sont imprévisibles et qu’ils leur feront mal. Ils sont donc méfiants et persuadés que s’ils laissent quiconque l’approcher de près, on leur fera du mal avant de les laisser tomber. Les parents alcooliques sont totalement imprévisibles, bien un jour, mal le lendemain. Les règles changent sans cesse, l’enfant n’est jamais à la hauteur. Il est systématiquement critiqué, il devient un bouc émissaire et même responsable de l’éthylisme. L’enfant se sent coupable, il se livre à des comportements autodestructeurs (délinquance) ou se punit soi-même en manifestant des symptômes émotionnels et physiques. 


- L’enfant en or : certains doivent être le héros de la famille. Il est poussé par les compliments. Il s’épuise alors sans pitié pour lui même vers une perfection impossible à atteindre. Son estime personnelle devient tributaire des félicitations, des récompenses et de ses performances scolaires, au lieu d’être fondé sur une confiance intérieure. Ils ont souvent le besoin de diriger tout et tout le monde, parfois par la manipulation qui éloigne d’eux ceux qu’ils aiment. 


- L’enfant accusé : le conjoint sobre de l’éthylique est souvent codépendant ou permissif. Il s’établit dans les familles alcooliques un équilibre précaire. Tout essai soit par l’alcoolique ou un autre membre de la famille de s’en sortir déséquilibre l’ensemble. Il arrive que le codépendant n’ait pas envie que cela change, car il retire souvent de cette situation des bénéfices comme admiration, pouvoir sur la famille.

Il s’en suit que celui qui a envie de sortir de ce cercle vicieux est accusé.

Les enfants de parents alcooliques espèrent souvent que la vie de famille va changer. Il faut abandonner cette idée, leur bien être ne doit pas dépendre de leurs parents. Eux les enfants peuvent changer, il est profitable pour eux de se joindre à des o
rganisations telles « Adultes-enfants d’alcooliques » pour accélérer leur travail sur eux mêmes.

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